LA BALLADE DE DAVID HAIZE

agosto 16, 2011

LA BALLADE DE DAVID HAIZE

R.Roldan-Roldan

LA BALLADE DE DAVID HAIZE

Poésie

Un couchant des Cosmogonies !

Ah ! que la vie est quotidienne…

 

Jules Laforgue (in Complainte sur certains ennuis)

L´être impossible

Tu es devenu tout mon être, ainsi tu es tout moi.

Moi je suis devenu rien en toi, ainsi je suis tout toi.

Djalal ud-Din Rûmî (in Rubâ´iyât)

I

Quand le verbe

intransitif comme aimer

décalé comme un étranger

égotiste par nature

se blesse le gland en se conjuguant

et que brisé et perfectif par répression

sombre finalement

dans sa solitude d´être défectif

et que les auxiliaires

impersonnels

putains hors d´usage

lui font défaut

alors

Je suis l´éternel voyage

tu es le havre qui me dévisage

à  travers les siècles

ancre-moi donc l´âme

fais-la tienne

en  la ramenant à moi

dissous-la dans son vrai repère

je deviens oubli

pour reparaître en toi

et me livrer comme jamais auparavant

humble au point de bannir le doute

jusqu´à mêler notre sang

comme la voix enlace le mot

je me fais désert

pour renaître en toi

vert

propre

sans peur sans reproche

chaste comme la passion

ô inconcevable être à aimer

entends-tu le bruissement des roseaux

caressant la peau brune de la nuit

le souvenir du début vaguant

immense

serein

parmi les ombres écumantes de la nostalgie

II

Quand les consonnes

borgnes boiteuses et livides

dégoûtées de l´imbécillité triomphaliste

vomissent des préceptes lyriques en plastique

et que les voyelles

le clitoris amputé

gorgées de fast-food

ridées sous la poudre des camélias fanés

toussent

crachent des caillots de songe

et défont leur couleur

sur les pages de l´inaction

alors

Semence hasardeuse des mots

qu´en reste-t-il

les pas affranchis du temps révolu

mais il y a

toi

dont la parole devient chair

chair que je pétris malaxe triture

et pénètre

dans la sombre splendeur du silence

pour en extraire l´esprit

dense

limpide

intense

enivrant ô éblouissement

en épuisant mon souffle dans ta bouche

au-delà des lèvres

de la salive

de la langue

des mots

au-delà de la stupeur de se savoir seul

à jamais

oh aime-moi

du fond du temps retrouve-moi

pur comme au début

donc inachevé

complète-moi

je veux m´émerveiller encore

de me savoir être

III

Quand les barbelés de l´exil

déchirure des frontières

écorchent le pénis de l´identité

et que le cri incompris insoumis

vogue parmi les larves officielles

de la misère intellectuelle

et que le sang dépaysé

épars et sans sens le temps d´une vie

coule sous le masque permis de la médiocrité

en murmurant amen

au lieu de hurler non

alors

Entrer en toi

me dissoudre en toi

être toi

n´être que toi

t´être sans klaxon ni garniture

sans dédoublement

sans masque

sans déraillement

être le but de la quête

sans tambour ni trompette

être le sax qui répond au violoncelle

être au-delà du corps

au-delà de la réalité

ta pensée

brut comme l´essence

te dire au-delà du tangible

je te suis

être impossible

sans pompe ni répit

mais hélas tu es si loin

comment pourrais-tu m´aimer

toi fait d´esprit et de rêve

être de ce pays sans frontières

où nulle eau peut assouvir ta soif

je suis donc l´excédent

qui te restera

sensation

intact

IV

Quand la sainte verge

dure gaillarde tendue

vénusté de l´ombre

grosse d´attente

et vide de raison

se soûle du breuvage masturbatoire de la finitude

et que les élans en habit du dimanche

mélancoliques has been

roulent leur carcasse

tout le long de la rigole

avant de se précipiter dans l´égout

alors

Tu es comme l´Art

solitude

oh mon amour toi qui me sacre

printemps du silence

prince

couronne du non-dit

je te veux voyage comme moi

pas but

pour te deviner toujours insatiable

pour me comprendre inassouvi

voyageur sans bagage

partance sans départ

je suis en toi le rivage

qui fuit

étranger comme moi

nous sommes seuls

aimons-nous sur le sommet

de l´urgence

dans le lit de la rage de vivre

du désespoir

sous le dôme de se savoir élu

élu par ce temps qui n´existe plus

dans l´empire de la fusion

sois le mot amour que je t´offre

je me donne au tien

seul comme la mort

pur comme le fou

solide comme le silence

V

Quand le cœur du poète

explosion surannée

pauvre pot

dans un monde gangrené par la loi termite

hurle sa foi à rebours

et que le souffle fétide des sentiments clos

s´évade par les fentes rouillées de la colère

pour s´engouffrer dans le néant

sans rédemption

et que se pose sur les livres en deçà des lèvres

le vol d´une prière oubliée

oiseau brisé par l´errance

surgi d´un pli de l´inconnu

alors

Suis-je la somme des mots vécus

des mots empruntés

des mots hérités

des mots tus

où retrouver la source de mon essence

oh l´amour comme la mort est au bout

d´un tout d´un rien sans but

il ne me reste que toi

où je plonge cœur ouvert

corps nu

comme le glaive de la liberté

finitude

tant pis

nous irons aux confins de nos désirs

volant sur les plumes des mots

oiseaux du hasard

splendides de se sentir être

aime-moi donc au-delà de ma chair

de mon esprit

de mon existence

comme je t´aime

toi mystère et extase sans nom

fondre en toi

comme la mort dans l´Absolu

à travers toi je me nomme

me cueille

me recueille

 

SUITE DU POÈME ET DU LIVRE SUR AMANZON E-BOOKS
 

TABLE

L´être impossible

La grâce d´antan

A l´ombre du Silence

Tanjah 79 retour

La ballade de David Haize

La banlieue de la mélancolie

  CE LIVRE EST DISPONIBLE SUR AMANOZON E-BOOKS

 

Anúncios

Uma resposta to “LA BALLADE DE DAVID HAIZE”

  1. Abdul Says:

    Hello
    I’m thinking about taking prohormones, do you think this is good idea for advanced bodybuilder
    like me? Bodybuilders are satisfied with the results after prohormones cycles, just
    google for – 100% pure muscles without side effects – worth a try?


Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair / Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair / Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair / Alterar )

Foto do Google+

Você está comentando utilizando sua conta Google+. Sair / Alterar )

Conectando a %s

%d blogueiros gostam disto: